En étudiants des bourdons, les scientifiques se sont aperçus que les bourdons étaient particulièrement maladroits et se cognaient en moyenne une fois par seconde avec un obstacle, que ce soit une plante ou un autre animal.

En s’interrogeant sur cette maladresse ils ont découverts qu’un grand nombre de leurs caractéristiques physiques servaient en fait à répondre à ces chocs répétés.

État des populations menacées

Comme beaucoup d'insectes et en particulier de pollinisateurs (papillons et abeilles notamment), le bourdon semble affecté par une rapide dégradation de l'environnement depuis quelques décennies. Les bourdons étant réputés très communs, leur régression a sans doute été sous-estimée et est d'abord passée inaperçue, comme pour les abeilles sauvages et les guêpes et beaucoup d'autres insectes qui ont régressé. Certaines espèces régressent beaucoup moins que les abeilles, d'autres ont localement disparu.

Des inventaires ont été fréquents et réguliers dans quelques régions d'Europe (Belgique, surtout en Région wallonne ; et sud de la France, dont Languedoc-Roussillon surtout), ce qui a permis de confirmer ce que beaucoup de naturalistes pressentaient, c'est-à-dire que les populations de Bombus ont très fortement régressé depuis le début du XXesiècle (en nombre d'espèces et en effectifs par espèce) dans les zones industrielles, urbanisées et d'agriculture intensive, au nord de la Loire et particulièrement dans le Nord de la France et en Belgique où le suivi naturaliste des Bombus a été très régulier depuis le milieu du XXe siècle (les périodes 1915-1940 et 1970-1986 ayant été particulièrement bien couvertes par les entomologistes). Sur les 30 espèces autrefois observées en Belgique, seules 2 ou 3 sont encore relativement communes.

Au Royaume-Uni, sur les 27 espèces connues, deux au moins sont éteintes en 2009, et toutes les autres sont considérées comme sérieusement menacées (« seriously threatened »). À titre d'exemple, Bombus sylvarum aurait perdu 90 % de ses effectifs au xxe siècle, ne survivant plus que dans les zones où des prairies extensives ont été sauvegardées. Une association anglaise a restauré un sanctuaire des bourdons en restaurant de vastes prairies fleuries.

En 2008, des chercheurs néerlandais ont eu l'idée d'utiliser des bourdons conservés dans les collections anciennes de musées et d'y rechercher les pollens résiduels, puis de les comparer à ceux transportés aujourd'hui par les bourdons.

Causes

Des biologistes de l’université de Stirling (Écosse) ont expérimentalement exposé des colonies en développement à des doses d’imidaclopride (néonicotinoïde matière active duGaucho, Coboy 350, Confidor, Provado, etc.) à dose comparable à celles que les bourdons trouvent aujourd’hui dans le nectar en milieu naturel. En six semaines, les nids des bourdons exposés étaient 8 % à 12 % plus légers que les témoins, laissant supposer que la colonie se nourrissait moins8. Pire, chaque nid avait en moyenne produit 85 % de reines en moins, ce qui conduit a priori à une diminution de 85 % des nids pour l’année suivante, alertent les chercheurs .

Le réchauffement climatique est suspecté d'impacter la survie des insectes, notamment les vagues de canicules qui ont touché diverses régions du monde depuis la fin du XXe siècle.

Description

Les bourdons sont de gros insectes robustes au corps couvert de poils. Ils mesurent habituellement entre 6 et 25 mm de long. Leur corps est souvent coloré de noir et jaune, parfois avec des motifs orangés, rouges ou blancs.

Chez les femelles, les pattes postérieures sont modifiées pour faciliter la récolte et le transport du pollen. Leur abdomen se termine par un aiguillon.

Ces insectes forment des sociétés organisées dont les individus sont divisés en trois castes. La reine est le plus gros insecte de la colonie et mesure entre 13 et 32 mm de long. Les ouvrières ont une taille variant entre 7 et 18 mm. Les bourdons mâles mesurent entre 10 et 17 mm de long.

Cycle de vie

Les bourdons forment de nouvelles colonies chaque année. Seules les jeunes reines fécondées passent l'hiver. Elles sortent tôt au printemps et cherchent un emplacement pour y faire leur nid. Celui-ci est généralement sous terre, dans une cavité déjà existante.

Dans le nid, la reine construit deux cellules de cire de la taille d'un dé à coudre. L'une d'elles accueillera les premiers œufs. La reine remplit l’autre de nectar et l'utilise comme garde-manger pendant qu'elle s'occupe de ses œufs.

Les œufs, au nombre de cinq à 20, sont déposés dans la cellule de ponte sur une réserve de pollen et de nectar. La reine couvre le tout avec de la cire et s'installe sur la cellule pour couver. L'éclosion a lieu de trois à cinq jours plus tard. Les jeunes larves s'alimentent dans l'alvéole. Au bout de sept ou huit jours, chaque larve fabrique un cocon dans lequel elle se transforme en nymphe. Des ouvrières adultes en sortent au bout de 12 à 14 jours. Ces femelles stériles s'occuperont de la prochaine génération produite par la reine.

Celle-ci continue à pondre et à construire des cellules pour le couvain. Elle dépose trois ou quatre œufs par alvéole, qui donneront aussi naissance à des ouvrières.

Vers la fin de l’été, la reine pond des œufs non fécondés qui donnent naissance à des mâles et des femelles fertiles. Une fois adultes, ces insectes quittent le nid et s'accouplent. Les futures reines fécondées s'abritent ensuite pour passer l'hiver. Le reste de la colonie meurt avec l’arrivée du froid.

Cadre de vie

Habitat

Les bourdons fréquentent les forêts, les régions montagneuses, les tourbières, les champs et autres endroits où fleurissent les plantes nectarifères.

A savoir

Ce que vous devez savoir

Ces insectes produisent du miel, mais beaucoup moins que les abeilles domestiques, qui doivent accumuler des provisions pour passer l'hiver. Les bourdons emmagasinent le miel seulement pour répondre aux besoins à court terme de la colonie.

Les bourdons femelles (reine et ouvrières) peuvent infliger une douloureuse piqûre lorsqu'ils sont provoqués. Les bourdons ne meurent pas après avoir piqué. Ils peuvent darder leur aiguillon lisse sur une même victime plusieurs fois.

Rôles écologiques

Les bourdons sont des insectes pollinisateurs de première importance et ils contribuent ainsi au maintien de la diversité des plantes.

Initiatives pour la sauvegarde des bourdons

  • Un observatoire des bourdons14, porté par le Muséum national d'histoire naturelle, l'association Asterella et Tela Insecta, a vu le jour en 2008. Il propose au grand public d'aider les scientifiques à suivre la biodiversité en comptant les bourdons dans son jardin. Fin 2010, plus de 750 personnes participent activement à ce réseau.
  • Des nids à bourdons (à enterrer dans le sol) sont vendus dans le commerce par des sociétés spécialisées, notamment en Allemagne.
  • De nombreuses ONG contribuent à sensibiliser le public à l'importance de ne pas utiliser de pesticides dans le jardin, se nourrir d'aliments cultivés issus de l'agriculture biologique et conserver des bandes fleuries pour les pollinisateurs, dont le bourdon.
  • Des initiatives internationales scientifiques émergent aussi, encouragées par le déclin brutal et très important des populations d'abeilles et de nombreux papillons dans les zones d'agriculture intensive, puis sur de vastes territoires. Certaines portent sur une échelle mondiale, comme le projet élaboré dans le cadre de la convention pour la biodiversité (ex. : le programme Pollinators) ou sur des échelles supranationales telles qu'européennes (European Pollinator Initiative.)
24 Jun, 2016
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