Viticulteur et arboriculteur narbonnais, Mattéo Tavera crée en 1958, avec André Birre et André Louis, le Groupement d’agriculture biologique de l’ouest (GABO, rebaptisé en 1962 « Association française d’agriculture biologique » ou AFAB). Mattéo Tavera prend la présidence de Nature & Progrès, Association européenne d’agriculture et d’hygiène biologique, une structure créée en 1964 avec André Louis et André Birre pour défendre l’agriculture biologique, suite à certaines dissensions avec Raoul Lemaire et Jean Boucher.

Mattéo Tavera développe sa propre théorie, qu’il résume en un recueil de trente lettres intitulé La Mission Sacrée, une hypothèse sur le droit à la vie et à la santé (que N&P publie en 1969). Il s’agit d’un texte ésotérique, dans lequel Tavera explique que notre « mission sacrée » consiste à participer au «  gigantesque travail de transmission des rayonnements naturels qui joignent la Terre et le Cosmos afin d’assurer la constance de l’Etat électrique de la biosphère ». Il considère que « les poils des animaux sont autant de pointes qui jouent leur rôle sacré de conduction et d’échange terre-cosmos ». Tavéra critique donc les comportements de l’homme contraires à cette mission sacrée : « Non content d’avoir par sa bêtise perdu ses poils, donc ses pointes, voilà l’Homme qui s’isole de la terre par des chapeaux, des semelles de caoutchouc ! Ne va-t-il pas jusqu’à ne se plaire qu’en cage de Faraday !!! Mais oui, les voitures automobiles, les avions, sont des cages de Faraday privées de tout champ électrique. »

Lors de la sortie de son recueil, le naturopathe André Passebecq présente ainsi l’ouvrage de son ami : « Notre dégénérescence et beaucoup de nos maux qu’ignorent les animaux sauvages et certains peuples encore à l’écart de notre civilisation proviendraient de notre refus (…) d’accomplir cette mission ignorée. »

Au retour de l’une de ses conférences, Mattéo Tavera trouve la mort avec André Louis lors d’un tragique accident de voiture.

« La terre, qu’il s’agisse du globe terrestre ou du sol nourricier, subit l’influence de très nombreux courants d’électricité naturelle, dont tout ce qui vit sur terre ou dans la terre est entièrement tributaire durant sa vie, comme après sa mort, pour sa renaissance. Parmi ces courants, d’aucuns ont certes été déjà identifiés, mais il demeurent pour la plupart inutilisé parce qu’indomptés, et on n’en a guère de ce fait, à ma connaissance, étudié les mérites et le rôle qu’ils jouent dans le grand concert de la vie terrestre. »

 

« Le mystère qui plane sur ces courants reste très grand et les hypothèses à leur sujet sont encore extrêmement nombreuses; nous pouvons cependant aujourd’hui en avoir une certaine connaissance. De là à déterminer les influences qu’ils ont sur la vie en générale et sur l’agriculture et la vie animale et humaine en particulier, il semble qu’il n’y aurait eu qu’un pas à faire. ‘…’ A l’origine, les connaissances de l’électricité s’établirent sur la constatation des phénomènes naturels et, pendant longtemps, il parut impossible que l’électricité pût avoir d’autres sources que celles de la Nature, considérée en sa spontanéité. »

 

Le champ magnétique terrestre « Nous savons tous depuis longtemps qu’il existe, et le fait qu’il oriente l’aiguille de la boussole vers le Nord, l’a, depuis la Renaissance, rendus populaire. Son existence sur la terre est une certitude, ses variations aussi, ainsi que les influences qu’ont sur lui les astres, dont notre beau satellite : la lune, et au premier chef le roi de notre ciel : le soleil. L’étude du magnétisme terrestre est l’une des plus complexe sur laquelle l’homme se soit penché. »

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